LÉGENDE DU BEAU PÉCOPIN.
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XIII
TELLE AU BERGE, TELLE TABLE D’HOTE
Comme il cherchait à approfondir le sens lugubrementironique de cette inscription, la porte s’ouvrit lentement,le cheval entra, et Pécopin fut comme un homme qui passebrusquement du plein soleil de midi dans une cave. Laporte s’était refermée derrière lui, et le lieu dans lequel ilvenait d’entrer était si ténébreux, qu’au premier momentil se crut aveuglé. Il apercevait seulement à quelque dis-tance une large lueur blême. Peu à peu ses yeux, éblouispar la lumière surnaturelle des antichambres qu’il venaitde traverser, s’accoutumèrent à l’obscurité, et il commençaà distinguer comme dans une vapeur les mille piliersmonstrueux d’une prodigieuse salle babylonienne. La lueurqui était au milieu de cette salle prit des contours, desformes s’y dessinèrent, et, au bout de quelques instants,le chevalier vit se développer dans l’ombre, au centre d’uneforêt de colonnes torses, une grande table lividementéclairée par un chandelier à sept branches, à la pointedesquelles tremblaient et vacillaient sept flammes bleues.
Au haut bout de cette table, sur un trône d’or vert, étaitassis un géant d’airain qui était vivant. Ce géant étaitNemrod. A sa droite et à sa gauche siégeaient, sur desfauteuils de fer, une foule de convives pâles et silencieux,les uns coiffés du bonnet à la moresque, les autres pluscouverts de perles que le roi de Bisnagar.
Pécopin reconnut là tous les fameux chasseurs qui ont