Band 
II.
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LÉGENDE DU BEAU PÉCOPIN.

80

XIII

TELLE AU BERGE, TELLE TABLE DHOTE

Comme il cherchait à approfondir le sens lugubrementironique de cette inscription, la porte souvrit lentement,le cheval entra, et Pécopin fut comme un homme qui passebrusquement du plein soleil de midi dans une cave. Laporte sétait refermée derrière lui, et le lieu dans lequel ilvenait dentrer était si ténébreux, quau premier momentil se crut aveuglé. Il apercevait seulement à quelque dis-tance une large lueur blême. Peu à peu ses yeux, éblouispar la lumière surnaturelle des antichambres quil venaitde traverser, saccoutumèrent à lobscurité, et il commençaà distinguer comme dans une vapeur les mille piliersmonstrueux dune prodigieuse salle babylonienne. La lueurqui était au milieu de cette salle prit des contours, desformes sy dessinèrent, et, au bout de quelques instants,le chevalier vit se développer dans lombre, au centre duneforêt de colonnes torses, une grande table lividementéclairée par un chandelier à sept branches, à la pointedesquelles tremblaient et vacillaient sept flammes bleues.

Au haut bout de cette table, sur un trône dor vert, étaitassis un géant dairain qui était vivant. Ce géant étaitNemrod. A sa droite et à sa gauche siégeaient, sur desfauteuils de fer, une foule de convives pâles et silencieux,les uns coiffés du bonnet à la moresque, les autres pluscouverts de perles que le roi de Bisnagar.

Pécopin reconnut tous les fameux chasseurs qui ont