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des Carmes de la rue Cassette répété trois fois, ce qui estbeaucoup. Sur la pente de la colline que couronne la for-teresse, un de ces ignobles dômes coiffe une pauvre vieilleéglise saxonne, la plus triste et la plus humiliée du monde,accostée d’un charmant cloître gothique à meneaux flam-boyants où les kaiserlicks font boire leurs chevaux dansdes sarcophages romans.
La beauté des riveraines du Rhin ne se dément pas àMayence ; seulement les femmes y sont tout à la fois cu-rieuses à la façon des flamandes et à la façon des alsa-ciennes. Mayence est le point de jonction de l’espion-miroir d’Anvers et de l’espion-tourelle de Strasbourg .
La ville, si blanchie qu’elle soit, a gardé en beaucoupd’endroits son honorable aspect de cité marchande de lahanse rhénane. On lit encore sur des portes : pro celerimercaturæ expeditione. Dans deux ou trois ans on y lira:Roulage accéléré.
Du reste, une vie profonde, qui sort du Rhin , animecette ville. Elle n’est pas moins hérissée de mâts, pasmoins encombrée de ballots, pas moins pleine de rumeurque Cologne . On marche, on parle, on pousse, on traîne,on arrive, on part, on vend, on achète, on crie, on chante,on vit enfin dans tous les quartiers, dans toutes les mai-sons, dans toutes les rues. — La nuit, cet immense bour-donnement se tait; et l’on n’entend plus dans Mayence que le murmure du Rhin et le bruit éternel des dix-septmoulins à eau amarrés aux piles englouties du pont deCharlemagne .
Quoi qu’aient fait les congrès, ou, pour mieux dire, àcause de ce qu’ont fait les congrès, le vide laissé à Mayence par la triple domination des romains, des archevêques etdes français n’est pas comblé. Personne n’y est chez soi.M. le grand-duc de Hesse n’y règne que de nom. Sur saforteresse de Castel il peut lire : cura confoederationisconditüm ; et il peut voir un soldat blanc et un soldat bleu,c’est-à-dire l’Autriche et la Prusse, se promener nuit etjour, l’arme au bras, devant sa forteresse de Mayence . LaPrusse ni l’Autriche n’y sont pas non plus chez elles; ellesse gênent et se coudoient. Évidemment ceci n’est qu’un étatprovisoire. Il y a dans le mur même de la citadelle une