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Un autre tableau, où l’angoisse et la grâce sont mêlées,c’est une précieuse peinture sur cuir, du seizième siècle,qui représente l’intérieur du sépulcre de sainte Cécile.L’encadrement est composé de tous les principaux instantsdelà vie de la sainte. Au milieu, sous une sombre crypte,la sainte est couchée tout de son long sur la face, dans sarobe d’or, avec l’entaille de la hache au cou, plaie rose etdélicate qui ressemble à une bouche charmante et qu’onvoudrait baiser à genoux. Il semble qu’on va entendre lavoix de la sainte musicienne sortir et chanter por la bocade su herida. Au-dessous du cercueil ouvert ceci est écriten lettres d’or: En tibi sanctissimœ virginis Cecüice insepulchro jacentis imayinem, prorsus eodem corporis siluexpressam. En effet, au seizième siècle, un pape, Léon X , jecrois, fit ouvrir la tombe de sainte Cécile, et cette ravissantepeinture n’est, dit-on, qu’un portrait exact du miraculeuxcadavre.
C’est au centre de la collégiale, à l’entrée du chœur, aupoint d’intersection du transept et de la nef, que, depuisMaximilien II , on couronnait les empereurs. J’ai vu dansun coin du transept, enveloppée dans un sac de papier grisqui lui donne la forme d’un bourrelet d’enfant, l’immensecouronne impériale en charpente plaquée d’or qu’onsuspendait au-dessus de leur tête pendant la cérémonie,et je me suis souvenu qu’il y a un an j’avais vu le tapisfleurdelysé du sacre de Charles X roulé, ficelé et oubliésur une brouette dans les combles de la cathédrale deReims . A la droite même de la porte du chœur, précisémentà côté de l’endroit où l’on couronnait l’empereur, laboiserie gothique étale complaisamment cette antithèsesculptée en chêne : saint Barthélemy écorché, portant sapeau sur son bras, et regardant avec dédain à sa gauchele diable juché sur une magnifique pyramide de mitres, dediadèmes, de cimiers, de tiares, de sceptres, d’épées et decouronnes. Un peu plus loin, le nouveau césar pouvait,sous les tapisseries dont on le cachait sans doute, entrevoirpar instants debout dans l’ombre contre le mur, commeune apparition sinistre, le spectre de pierre de cetinfortuné pseudo-empereur Gunther de Schwarzbourg , lafatalité et la haine dans les yeux, tenant d’un bras son écu