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LE RIIIN.
La miraculeuse maison saluée, je passe le pont, et jem’en vais dans la montagne.
Là, je m’enfonce, je me perds, je marche devant moi, jeprends le chemin qui se présente ; je regarde, chapiteaupar chapiteau, les arbres, ces piliers de la grande cathé-drale mystérieuse; et, plongé dans la lecture de la naturecomme les vieux puritains dans la méditation de la bible,je cherche Dieu .
Ami, chacun a son livre, et, voyez-vous, dans l’évangilecomme dans le paysage, la même main a écrit les memeschoses. Quant à moi, je pense que toutes les .faces de
cher les suites du désordre et l'embrasement de la ville, quoy qu'ayant estéprise d’assaut, elle eût pu n’estre pas épargnée. Le marquis de Chamillyavoit fait d’abord mettre les prisonniers et plusieurs bourgeois avec leursfemmes et leurs enfa.its dans la grande église, comme en un lieu de seureté,Mais ces prisonniers mirent le feu aux deux clochers, d’où, il se communi-qua aux maisons de la ville et des fauxbourgs : où il avoit esté encore mispar hazard en quelques endroits, et s’étoit répandu presque partout, quelquesoin qu’on prist pour l’éteindre. Le sieur de Hcidersdorf, qui commandoitdans le chasteau, envoya cependant demander à capituler Un capucin allaplusieurs fois de part et d’autre, accompagné d’un lieutenant-colonel ot d’unmagistrat. La capitulation fut conclue. On a trouvé dix milliers de plomben saumon, sept en balles, cinq mille grenades chargées, cent bombes, ungrand nombre d’outils. Les troupes ont commencé depuis à démolir les forti-fications du chasteau. *
Même numéro.
« Du Quesnoy, le 2 juin 1603.
« Le 28 du mois dernier, un courier déposché par le maréchal duc deLorges apporta au roy la nouvelle de la prise de Heidelberg . Le 31, le royfit ses dévotions et toucha les malades. Sa Majesté nomma l’abbé de laLuzerne à l’évesché do Cahors , et l’abbé de Denonville à l'évesché do Com-minges. Sa Majesté a donné un canonicat do la Sainte-Chapelle au sieurBoileau , doyen de l’église de Sens, et un autre au sieur Basire. »
{Sic. Erreur ; le 6 juin.)
« Le premier de ce mois, on chanta en l’église de Notro-Damo, parordre du roy, le Te Deum en action de grâces de la réducion de Heidelberg .L?s compagnies y assistèrent avec les cérémonies accoutumées : et, le soir,il y eut des feux dans toutes les rues. »
Outre le sac de la ville, cette prise de Heidelberg eut un lugubre résultat.En arrivant au camp des impériaux àHeilhron, le général Iieidorsdorf, quiavoit capitulé avec le maréchal de Lorges , fut traduit devant des juges mili-taires et condamné à mort. Il eut la tête tranchée. Un capitaine et un lieute-nant furent enveloppés dans le procès qu’on lui fit, et partagèrent soq, sort.