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Entre les quatre embrasures, tout était granit cimentéet maçonnerie massive. J’ai dessiné le Schwalbennest vupar la meurtrière.
Au printemps, cette ruine, changée en un prodigieuxbouquet de fleurs, doit être charmante.
Du reste, personne ne sait rien sur le burg. Il n’a pasmême sa légende et son spectre. Les générations d’hommesqui l’ont habité y sont entrées tour à tour comme dansune caverne sans fond, et l’ombre d’a-ucune n’en est res-sortie.
Comme j’y étais arrivé au coucher du soleil, la nuit estvenue pendant que j’y étais encore. Alors cette masure-broussaille s’est remplie peu à peu d’un bruit étrange.Cher Louis, si jamais on vous parle du silence des ruinesla nuit, exceptez, je vous prie, le burg sans nom deAeckarsteinach. Je n’ai de ma vie entendu vacarme pareil.Vous savez cet adorable tumulte qui éclate dans une futaie,en avril, au soleil levant; de chaque feuille jaillit unenote, de chaque arbre une mélodie ; la fauvette gazouille,le ramier roucoule, le chardonneret fredonne, le moineau,ce joyeux fifre, siffle gaîment à travers le tutti. Le boisest un orchestre. Toutes ces voix qui ont des ailes chantentà, la fois et répandent sur les collines et les prairies lasymphonie mystérieuse du grand musicien invisible. Dansle burg sans nom, au crépuscule, c’est la même chose,devenue horrible. Tous les monstres de l’ombre seréveillent et commencent à fourmiller. Le vespertilio batde l’aile, l’araignée cogne le mur avec son marteau, lecrapaud agite sa hideuse crécelle. Je ne sais quelle vievenimeuse et funèbre rampe entre les pierres, entre lesherbes, entre les branches. Et puis des grondements sourds,des frappements bizarres, des glapissements, des crépita-tions sous les feuilles, des soupirs faibles qu’on entendtout près de soi; des gémissements inconnus, les êtresdifformes exhalant les bruits lugubres, ce qu’on n’entendjamais hurlé ou murmuré par ce qu’on ne voit jamais. Parmoments des cris afireux sortent tout à coup des chambresdémantelées et désertes; ce sont les chats-huants qui seplaignent comme des mourants. Dans d’autres instants oncroit entendre marcher dans le taillis à quelques pas de