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III.
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LE RHIN .

grand titan de Heidelberg . En 1619, Frédéric V , un jeunehomme, saisit la couronne royale de Bohême malgré lem-pereur, et, en 1637, le palatin Philippe-Guillaume, unvieillard, prend le chapeau délecteur malgré le roi deFrance . De, pour Heidelberg , des luttes, des secousses,des commotions sans fin, la guerre de trente ans, qui estla gloire de Gustave-Adolphe , la guerre du Palatinat , quiest la tache de Turenne. Toutes les choses formidablesont frappé ce château. Trois empereurs, Louis de Bavière ,Adolphe de Nassau et Léopold dAutriche, lont assiégé;Pie II y a lancé lexcommunication; Louis XIV y a lancéla foudre.

On pourrait même dire que le ciel sen est mêlé. Le23 juin 176A, la veille du jour Charles-Théodore devaitvenir habiter le château et y fixer sa résidence (ce qui,soit dit en passant, eût été un grand malheur; car, siCharles-Théodore avait passé sa trentaine dannées, lasévère ruine que nous admirons aujourdhui serait, sansaucun doute, incrustée dun affreux damasquinage Pom-padour), la veille de ce jour donc, comme les meubles duprince étaient déjà déposés à la porte, dans léglise du Saint-Esprit, le feu du ciel tomba sur la tour octogone, incendiala toiture, et acheva de détruire en quelques heures cechâteau de cinq siècles. Déjà deux cents ans auparavant,en 1537, lancien palais bâti par Conrad sur le Geissberget converti par Frédéric II en magasin à poudre avait ététouché par un éclair et avait sauté. Chose remarquable,le même dénoûment a frappé les deux châteaux de Hei­ delberg , le donjon des Hohenstaufl'en et le manoir despalatins. Ils ont fini lun et lautre comme le songe de latragédie, par un coup de tonnerre.

Cette jalousie sourde et voilée, dont je vous parlais toutà lheure, de lélecteur contre lempereur, du comte sou-verain contre le césar, se traduit et éclate visiblementjusque sur les façades du château. Sur le palais dOthon-Henri, lartiste, plein de lesprit du prince, a mis des mé-daillons dempereurs romains. Parmi ces césars il a étaléNéron et glissé Brutus. 11 a subordonné la composition deses trois étages à quatre statues posées fièrement au rez-de-chaussée. Ces quatre statues sont des symboles; ce sont