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III.
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LE RHIN .

cents bouteilles ordinaires. On la remplissait par un troupercé dans la voûte au-dessus de la bonde, et on la vidaitavec une pompe qui est encore là suspendue au mur.Cette futaille monstre a été pleine trois fois de vin du Rhin .La première fois qu’elle fut remplie, l’électeur dansa avecsa cour sur la plate-forme qui la surmonte. Depuis 1770elle est vide.

Le vin s’y améliorait.

Au reste, cette tonne n’est pas l’ancien Gros Tonneau deHeidelberg , couvert de si curieuses sculptures et construiten 1505, par l’électeur Jean-Casimir , pour solenniser je nesais quelle réconciliation des luthériens et des calvinistes.Charles-Théodore l’a fait démolir vers 1750 pour bâtircelui-ci, qui est plus grand, mais moins orné.

Outre le gros tonneau, les caveaux du château palatin,dont les profondeurs s’ouvrent de toutes parts comme desantres, renfermaient ce qu’on appelait les petits tonneaux.Ces petits tonneaux n’avaient guère que la hauteur d’unpremier étage. 11 y en avait dix ou douze. Il n’en resteplus qu’un, qu’on m’a montré dans sa cellule à quelquespas de la grande tonne. Il ne contenait que le cinquièmedu gros tonneau. C’est un fort fort bel assemblage dedouves en bois de chêne, fabriqué au temps de Louis XIII ,orné par les électeurs palatins de l’écusson de Bavière etde trois têtes de lions sur chacune de ses faces, et, par lessoldats français , de quelques coups de hache. C’était en 1799.Le tonneau était plein de vin du Rhin , nos soldats vou-lurent l’enfoncer. Le tonneau tint bon. Ils avaient briséles murailles de la citadelle, ils ne purent faire brèche autonneau.

Ce petit tonneau est vide depuis 1800.

En se promenant dans l’ombre que jette la grosse tonne,on aperçoit tout à coup, derrière des madriers qui l’étan-çonnent, une singulière statue de bois, sur laquelle unsoupirail jette un rayon blafard. C’est une espèce do petitvieillard jovial, grotesquement accoutré, à côté duquelune grossière horloge pend accrochée à un clou. Uneficelle sort de dessous cette horloge, vous la tirez, l’hor-loge s’ouvre brusquement, et laisse échapper une queuede renard qui vient vous frapper le visage. Ce petit