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LE RI1IN.
évidée comme un joujou de Dieppe , lanterne aussi bienque pyramide, qui vibre et qui palpite à tous les souillesdu vent. Je suis monté jusqu’au haut des escaliers verti-caux. J’ai rencontré en montant un visiteur qui descendaittout pâle et tout tremblant, à demi porté par son guide.Il n’y a pourtant aucun danger. Le danger pourrait com-mencer au point où je me suis arrêté, à la naissance de laflèche proprement dite. Quatre escaliers à jour, en spirale,correspondant aux quatre tourelles verticales, enroulésdans un enchevêtrement délicat de pierre amenuisée etouvragée, s’appuient sur la flèche, dont ils suivent l’angle,et rampent jusqu’à ce qu’on appelle la couronne, à environtrente pieds de distance de la lanterne surmontée d’unecroix qui fait le sommet du clocher. Les marches de cesescaliers sont très hautes et très étroites, et vont se rétré-cissant à mesure qu’on monte. Si bien qu’en haut elles ontà peine la saillie du talon. Il faut gravir ainsi une centainede pieds, et l’on est à quatre cents pieds du pavé. Pointde garde-fous, ou si peu, qu’il n’est pas la peine d’enparler. L’entrée de cet escalier est fermé par une grille enfer. On n’ouvre cette grille que sur une permission spécialedu maire de Strasbourg , et l’on ne peut monter qu’accom-pagné de deux ouvriers couvreurs, qui vous nouent autourdu corps une corde dont ils attachent le bout de distanceen distance, à mesure que vous montez, aux barres de ferqui relient les meneaux. 11 y a huit jours, trois femmes,trois allemandes, une mère et ses deux filles, ont fait cetteascension. Du reste personne, excepté les couvreurs quiont à restaurer le clocher, ne monte jusqu’à la lanterne.Là il n’y a plus d’escalier, mais de simples barres de ferdisposées en échelons.
D’où j’étais la vue est admirable. On a Strasbourg sousses pieds, vieille ville à pignons dentelés et à grands toitschargés de lucarnes, coupée de tours et d’églises, ausspittoresque qu’aucune ville de Flandre . L’IU et le Rhin ,deux jolies rivières, égaient ce sombre amas d’édifices deleurs flaques d’eau claires et vertes. Tout autour desmurailles s’étend à perte de vue une immense campagnepleine d’arbres et semée de villages. Le Rhin , qui s’approcheà une lieue de la ville, court dans cette campagne en se