Band 
III.
Seite
64
JPEG-Download
 

04

LE RI1IN.

évidée comme un joujou de Dieppe , lanterne aussi bienque pyramide, qui vibre et qui palpite à tous les souillesdu vent. Je suis monté jusquau haut des escaliers verti-caux. Jai rencontré en montant un visiteur qui descendaittout pâle et tout tremblant, à demi porté par son guide.Il ny a pourtant aucun danger. Le danger pourrait com-mencer au point je me suis arrêté, à la naissance de laflèche proprement dite. Quatre escaliers à jour, en spirale,correspondant aux quatre tourelles verticales, enroulésdans un enchevêtrement délicat de pierre amenuisée etouvragée, sappuient sur la flèche, dont ils suivent langle,et rampent jusquà ce quon appelle la couronne, à environtrente pieds de distance de la lanterne surmontée dunecroix qui fait le sommet du clocher. Les marches de cesescaliers sont très hautes et très étroites, et vont se rétré-cissant à mesure quon monte. Si bien quen haut elles ontà peine la saillie du talon. Il faut gravir ainsi une centainede pieds, et lon est à quatre cents pieds du pavé. Pointde garde-fous, ou si peu, quil nest pas la peine denparler. Lentrée de cet escalier est fermé par une grille enfer. On nouvre cette grille que sur une permission spécialedu maire de Strasbourg , et lon ne peut monter quaccom-pagné de deux ouvriers couvreurs, qui vous nouent autourdu corps une corde dont ils attachent le bout de distanceen distance, à mesure que vous montez, aux barres de ferqui relient les meneaux. 11 y a huit jours, trois femmes,trois allemandes, une mère et ses deux filles, ont fait cetteascension. Du reste personne, excepté les couvreurs quiont à restaurer le clocher, ne monte jusquà la lanterne. il ny a plus descalier, mais de simples barres de ferdisposées en échelons.

D jétais la vue est admirable. On a Strasbourg sousses pieds, vieille ville à pignons dentelés et à grands toitschargés de lucarnes, coupée de tours et déglises, ausspittoresque quaucune ville de Flandre . LIU et le Rhin ,deux jolies rivières, égaient ce sombre amas dédifices deleurs flaques deau claires et vertes. Tout autour desmurailles sétend à perte de vue une immense campagnepleine darbres et semée de villages. Le Rhin , qui sapprocheà une lieue de la ville, court dans cette campagne en se