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III.
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LE RI1IN.

évidée comme un joujou de Dieppe , lanterne aussi bienque pyramide, qui vibre et qui palpite à tous les souillesdu vent. Je suis monté jusquau haut des escaliers verti-caux. Jai rencontré en montant un visiteur qui descendaittout pâle et tout tremblant, à demi porté par son guide.Il ny a pourtant aucun danger. Le danger pourrait com-mencer au point je me suis arrêté, à la naissance de laflèche proprement dite. Quatre escaliers à jour, en spirale,correspondant aux quatre tourelles verticales, enroulésdans un enchevêtrement délicat de pierre amenuisée etouvragée, sappuient sur la flèche, dont ils suivent langle,et rampent jusquà ce quon appelle la couronne, à environtrente pieds de distance de la lanterne surmontée dunecroix qui fait le sommet du clocher. Les marches de cesescaliers sont très hautes et très étroites, et vont se rétré-cissant à mesure quon monte. Si bien quen haut elles ontà peine la saillie du talon. Il faut gravir ainsi une centainede pieds, et lon est à quatre cents pieds du pavé. Pointde garde-fous, ou si peu, quil nest pas la peine denparler. Lentrée de cet escalier est fermé par une grille enfer. On nouvre cette grille que sur une permission spécialedu maire de Strasbourg , et lon ne peut monter quaccom-pagné de deux ouvriers couvreurs, qui vous nouent autourdu corps une corde dont ils attachent le bout de distanceen distance, à mesure que vous montez, aux barres de ferqui relient les meneaux. 11 y a huit jours, trois femmes,trois allemandes, une mère et ses deux filles, ont fait cetteascension. Du reste personne, excepté les couvreurs quiont à restaurer le clocher, ne monte jusquà la lanterne. il ny a plus descalier, mais de simples barres de ferdisposées en échelons.

D jétais la vue est admirable. On a Strasbourg sousses pieds, vieille ville à pignons dentelés et à grands toitschargés de lucarnes, coupée de tours et déglises, ausspittoresque quaucune ville de Flandre. LIU et le Rhin ,deux jolies rivières, égaient ce sombre amas dédifices deleurs flaques deau claires et vertes. Tout autour desmurailles sétend à perte de vue une immense campagnepleine darbres et semée de villages. Le Rhin , qui sapprocheà une lieue de la ville, court dans cette campagne en se