Band 
III.
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FREIBURG EN BRISGAW.

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! quelquun!

Pas de réponse.

Je tâte le mur, je trouve une porte; je la pousse, ellesouvre.

Ici, une autre chambre sombre, avec une lueur au fondet une porte entre-bâillée.

Je vais à cette porte et je regarde.

Voici leffrayant qui commence.

Dans une salle oblongue, soutenue à son milieu par deuxpiliers, et très vaste, autour dune longue table faiblementéclairée par des chandelles posées de distance en distance,des formes singulières étaient assises.

Cétaient des êtres pâles, graves, assoupis.

Au haut bout do la table, le plus proche de moi, se te-nait une grande femme blême, coiffée dun béret surmontédun énorme panache noir. A côté delle, un jeune hommede dix-sept ans, livide et sérieux, enveloppé dune im-mense robe de chambre à ramages, avec un bonnet desoie noire sur les yeux. A côté du jeune homme, un vieil-lard à visage vert dont la tête portait trois étages de coif-fure : premier étage, un bonnet de coton ; deuxièmeétage, un foulard; troisième étage, un chapeau.

Puis séchelonnaient de chaise en chaise cinq ou sixcasse-noisettes de Nuremberg vivants, grotesquement ac-coutrés, et engloutis sous dimmenses feutres; faces bis-trées avec des yeux démail.

Le reste de la longue table était désert, et la nappe,blanche et nuecommeun linceul, se perdait dans lombre,au fond do la salle.

Chacun de ces singuliers convives avait devant lui unetasse blanche et quelques vases de forme inusitée sur unpetit plateau.

Aucun deux ne disait mot.

De temps en temps, et dans le plus profond silence, ilsportaient à leurs lèvres la tasse blanche, fumait uneliqueur noire quils buvaient gravement.

Je compris que ces spectres prenaient du café.

Toute réflexion faite, et jugeant que le moment étaitvenu de produire un effet quelconque, je poussai la porteentrouverte et jentrai vaillamment dans la salle.