sommet desquels un ange glorificateur embouche la trom-pette. Le poë.me se termine par une ode.
Une rosace byzantine complète ce portail; et, par unbeau soleil, c’est un tableau charmant dans une borduresuperbe.
Le portail de droite est moins curieux, mais il commu-nique avec un noble cloître du quinzième siècle, pavé,lambrissé et plafonné de pierres sépulcrales, qui a quelqueanalogie avec l’admirable cloître de Saint-Wandrille , sistupidement détruit par je ne sais quel manufacturierinepte. Les tombeaux pendent et se dressent de toutesparts sous les ogives à meneaux flamboyants; ce sont deslames ouvragées, celles-ci en pierre, d’autres en marbre,quelques-unes en cuivre; elles tombent en ruine; lamousse mange le granit, l’oxyde mange le bronze. C’est,du reste, une confusion de tous les styles depuis cinqcents ans, qui fait voir l’écroulement de l’architecture.Toutes les formes mortes de ce grand art sont là, pêle-mêle,se heurtant par les angles, démolies l’une par l’autre,comme ensevelies dans ces tombes; l’ogive et le pleincintre, l’arc surbaissé de Charles-Quint , le fronton échan-cré de Charles III, la colonne torse de Louis XIII , la chico-rée de Louis XV . Toutes ces fantaisies successives de lapensée humaine, accrochées au mur comme des tableauxdans un salon, encadrent des épitaphes. Une idée uniqueest au centre de ces créations éblouissantes de l’art, — lamort. La végétation variée et vivante de l’architecturefleurit autour de cette idée. ^ n
Au centre du cloître, il y a une petite tour carrée pleine <de cette belle herbe épaisse qui pousse sur les morts.
Dans l’intérieur de l’église, outre les tombes dont je vousai parlé dans ma dernière lettre, j’ai trouvé des stalles enmenuiserie du quinzième et du seizième siècle. Ces petitsédifices en bois ciselé sont pour moi des livres très amu-sants à lire; chaque stalle est un chapitre. La grande boi-serie d’Amiens est l'Iliade de ces épopées.
La chaire, qui est du quinzième siècle, sort du pavécomme une grosse tulipe de pierre, enchevêtrée sous unréseau d’inextricables nervures. Ils ont mis à cette belle,fleur une coiffe absurde, comme à Freiburg . — En géné-