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III.
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BALE .

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aurez les archives de la cathédrale de Bâle . On arrive àces archives par une belle grille noire, touffue, tordue etsavamment brouillée, qui a quatre cents ans. Des oiseauxet des chimères sont perchés çà et dans ce sombrefeuillage de fer.

Du haut des clochers la vue est admirable. Javais sousmes pieds, à une profondeur de trois cent cinquante pieds,le Rhin large et vert ; autour de moi le grand Bâle , devantmoi le petit Bâle ; car le Rhin a fait de la ville deux mor-ceaux ; et, comme dans toutes les villes que coupe une ri-vière, un côté sest développé aux dépens de lautre. A Paris ,cest la rive droite ; à Bâle , cest la rive gauche. Lesdeux Bâle communiquent par un long pont de bois, sou-vent rudoyé par le Rhin , qui na plus de piles de pierre quedun seul côté, et au centre duquel se découpe une jolietourelle-guérite du quinzième siècle. Les deux villes fontau Rhin des deux côtés une broderie ravissante de pignonstaillés, de façades gothiques, de toits à girouettes, de tou-relles et de tours. Cet ourlet danciennes maisons se répètesur le Rhin et sy renverse. Le pont reflété prend laspectétrange dune grande échelle couchée dune rive à lautre.Des bouquets darbres et une foule de jardins suspendusaux devantures des maisons se mêlent aux zigzags de toutesces vieilles architectures. Les croupes des églises, les toursdes enceintes fortifiées, font de gros nœuds sombres aux-quels se rattachent, de temps en temps, les lignes capri-cieuses qui courent en tumulte des clochers aux pignons,des pignons aux lucarnes. Tout cela rit, chante, parle,jase, jaillit, rampe, coule, marche, danse, brille au milieudune haute clôture de montagnes qui ne souvre à lhori-zon que pour laisser passer le Rhin .

Je suis redescendu dans la ville, qui abonde en fantaisiesexquises, en portes bien imaginées, en ferrures extrava-gantes, en constructions curieuses de toutes les époques.Il y a, entre autres, un grand logis qui sert aujourdhui dehangar à un roulage, et qui a à toutes les baies, guichets,portes, fenêtres, des nœuds gordiens de nervures, souventtranchés par larchitecte et les plus bizarres du monde. Jenai rien rencontré de pareil nulle part. La pierre esttordue et tricotée comme de losier. Vous pouvez voir des