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III.
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LE RHIN .

bonne femme portait tout simplement la valise d’un voya-geur. Le voyageur suivait à quelques pas; brave homme,qui se piquait probablement de parler français , et qui m’aaccosté pour me raconter la révolution de Zurich . Tout ceque j’ai pu comprendre, à travers force baragouin, c’estqu’il y avait eu une proclamation du bourgmestre, et quecette proclamation commençait ainsi : Braves iroquois!— Je présume que le digne homme voulait dire : Braveszuriquois.

La vallée de l’Aar a deux bracelets charmants, Brugg qui l’ouvre, Laden qui la ferme. Baden est sur la Limmat .On suit depuis une demi-heure le bord de la Limmat , quifait un tapage horrible au fond d’un charmant ravin donttous les éboulcments sont plantés de vignes. Tout à coupune porte-donjon à quatre tourelles barre la route; au-dessous de cette porte se précipitent pêle-mêle dans le ravindes maisons de bois dont les mansardes semblent se caho-ter ; au-dessus, parmi les arbres, se dresse un vieux châteauruiné dont les créneaux font une crête de coq à la mon-tagne. Tout au fond, sous un pont couvert, la Limmat passeen toute hâte sur un lit de rochers qui donne aux vaguesune forme violente. Et puis on aperçoit un clocher à tuilesde couleur qui semble revêtu d’une peau de serpent. C’estBaden.

Il y a de tout à Baden, des ruines gothiques, des ruinesromaines, des eaux thermales, une statue d’Isis, des fouillesoù l’on trouve force dés à jouer, un hôtel de ville où leprince Eugène et le maréchal de Villars ont échangé dessignatures, etc. Comme je voulais arriver à Zurich avantla nuit, je me suis contenté de regarder sur la place, pen-dant qu’on changeait de chevaux, une charmante fontainede la renaissance, surmontée, comme celle de Rhinfelden,d’une hautaine et sévère figure de soldat. L’eau jaillit parla gueule d’une effrayante guivre de bronze qui roule saqueue dans les ferrures de la fontaine. Deux pigeons fami-liers s’étaient perchés sur cette guivre, et l’un d’eux bu-vait en trempant son bec dans le filet d’eau arrondi quitombait du robinet dans la vasque, fin comme un cheveud’argent.

Les romains appelaient les eaux thermales de Baden les