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III.
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S GIIA F F II AUSEN.

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— le gibet. Au moyen âge, et même il n’y a pas plus decent ans, dans toute commune souveraine, une potenceconvenablement garnie était une chose élégante et magis-trale. La cité ornée de son gibet, le gibet orné de sonpendu, cela signifiait ville libre.

J’avais grand’faim, il était tard; j’ai commencé par dî-ner. On m’a apporté un dîner français , servi par ungarçon français, avec une carte en français . Quelques ori-ginalités, sans doute involontaires, se mêlaient, non sansgrâce, à l’orthographe de cette carte. Comme mes yeux er-raient parmi ces riches fantaisies du rédacteur local, cher-chant à compléter mon dîner, au-dessous de ces trois lignes :

flaumelelte au chanlpinnions ,

Uiffeteque au oraison,

Ilépole d’agnol au laidgume,

je suis tombé sur ceci :

Calaïsche à la choule, — 10 francs.

Pardieu ! me suis-je dit, voilà un mets du pays ; calaïscheà la choute. Il faut que j’en goûte. Dix francs! cela doitêtre quelque raffinement propre à la cuisine de Schaffhouse .J’appelle le garçon.

— Monsieur, une calaïsche à la choute.

Ici le dialogue s’engage en français . Je vous ai dit quele garçon parlait français .

— Vort pion, monsir. Tcmain matin.

— Non, dis-je, tout de suite.

— Mais, monsir, il est pien tard.

— Qu’est-ce que cela fait?

— Mais il sera nuit tans eine hère.

— Eh bien?

— Mais monsir ne bourra bas foir.

— Voir! Voir quoi? Je ne demande pas à voir.

— Che gombrends bas monsir.

— Ah çà! c’est donc bien beau à regarder, votre ca-laïsche à la choute?

— Vort peau, monsir, atmi’raple, manifigue!

— Eh bien, vous m’allumerez quatre chandelles toutautour.