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III.
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LE RHIN .

teau, cest une ferme. Poules, oies, dindons, fumier; char-rette dans un coin; une cuve à chaux. Une porte souvre.La cascade apparaît.

Spectacle merveilleux!

Effroyable tumulte! voilà le premier effet. Puis on re-garde. La cataracte découpe des golfes quemplissent delarges squammes blanches. Comme dans les incendies, ily a de petits endroits paisibles au milieu de cette chosepleine dépouvante ; des bosquets mêlés à lécume ; decharmants ruisseaux dans les mousses; des fontainespour les bergers arcadiens de Poussin, ombragées de petitsrameaux doucement agités. Et puis ces détails séva-nouissent, et limpression de lensemble vous revient. Tem-pête éternelle. Neige vivante et furieuse.

Le flot est dune transparence étrange. Des rochers noirsdessinent des visages sinistres sous leau. Ils paraissenttoucher la surface et sont à dix pieds de profondeur. Au-dessous des deux principaux vomitoires de la chute, deuxgrandes gerbes décume sépanouissent sur le fleuve etsy dispersent en nuages verts. De lautre côté du Rhin ,japercevais un groupe de maisonnettes tranquilles, lesménagères allaient et venaient.

Pendant que jobservais, mon guide me parlait. Lelac de Constance a gelé dans l'hiver de, 1829 à 1830. Ilnavait pas gelé depuis cent quatre ans. On y passait envoiture. De pauvres gens sont morts de froid à Schaff-liouse.

Je suis descendu un peu plus bas, vers le gouffre. Leciel était gris et voilé. La cascade fait un rugissement detigre. Bruit effrayant, rapidité terrible. Poussière deau,tout à la fois fumée et pluie. A travers cette brume onvoit la cataracte dans tout son développement. Cinq grosrochers la coupent en cinq nappes daspects divers et degrandeurs différentes. On croit voir les cinq piles rongéesdun pont de titans. Lhiver, les glaces font des archesbleues sur ces culées noires.

Le plus rapproché de ces rochers est dune formeétrange; il semble voir sortir de leau pleine de rage latête hideuse et impassible dune idole hindoue , à trompedéléphant. Des arbres et des broussailles qui sentre-