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III.
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CONCLUSION.

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monde, par je ne sais quelles lois d’équilibre mystérieux,les monarchies puissantes protégeaient les républiquesfaibles, et conservaient pour ainsi dire curieusement ceséchantillons de la bourgeoisie d’alors, ébauches de ladémocratie future, larves informes de la liberté. Partoutla providence a soin des germes. Le grand-duc de Toscane ,voisin de Gênes , eût bien voulu lui prendre la Corse; et,comme Lucques était chez lui, il avait cette chétive répu-blique sous la main; mais le roi d’Espagne lui défendait detoucher à Gênes, et l’empereur d’Allemagne lui défendaitde toucher à Lucques. Raguse était située entre deux for-midables voisins, Venise à l’occident, Constantinople àl’orient. Les ragusains, inquiets à droite et à gauche,eurent l'idée d’offrir au Grand-Seigneur quatorze millesequins par an; le Grand-Seigneur accepta, et, à dater dece jour, il protégea les franchises des ragusains. Une villeachetant de la liberté au sultan, c’est déjà un fait étrange;les résultats en étaient plus étranges encore. De temps entemps Venise rugissait vers Raguse , le sultan mettait leholà; la grosse république voulait dévorer la petite, undespote l’en empêchait. '

Spectacle singulier! un louveteau menacé par une louveet défendu par un tigre.

Le Saint-Empire, cœur de l’Europe , se composait commel’Europe , qui semblait se refléter en lui. A l’époque oùnous nous sommes placés, quatrevingt-dix-huit états en-traient dans cette vaste agglomération qu’on appelaitl’empire d’Allemagne , et s’étageaient sous les pieds de l’em-pereur; et dans ces quatrevingt-dix-huit états étaient re-présentés, sans exception, tous les modes d’établissementspolitiques qui se reproduisaient en Europe sur une plusgrande échelle. 11 y avait les souverainetés héréditaires,au sommet desquelles se posaient un archiduché, l’Au-triche , et un royaume, la Rohême;les souverainetés élec-tives et viagères, parmi lesquelles les trois électoratsecclésiastiques du Rhin occupaient le premier rang; enfinil y avait les soixante-dix villes libres, c’est-à dire lesrépubliques.

L’empereur alors, comme empereur, n’avait que septmillions de rente. Il est vrai que l’extraordinaire était

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