Band 
III.
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CONCLUSION.

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rope; mais la France littéraire bégayait encore. L’Angle-terre, pour les nations du continent, n’était qu’une îleconsidérable occupée d’un commencement obscur detroubles intérieurs. La Suisse , c’est là sa tache aux yeuxde l’historien, vendait des armées à qui en voulait. Celuiqui écrit ces lignes visitait, il y a quelques années, l’arse-nal de Lucerne . Tout en admirant les vitraux du seizièmesiècle que le sénat lucernois a failli, dit-on, laisser empor-ter par un financier étranger, moyennant mille francs parcroisée, il arriva dans une salle où son guide lui montradeux choses : une grossière veste de montagnard auprèsd’une pique, et une magnifique souquenille rouge galonnéed’or auprès d’une hallebarde. La grosse veste, c’était l’habitdes paysans de Sempach ; la souquenille galonnée, c’étaitl’uniforme de la garde suisse de l’empereur d’Allemagne .Le visiteur s’arrêta devant cette triste et saisissanteantithèse. Ce haillon populaire, cette défroque impériale,ce sayon de pâtre, cette livrée de laquais, c’était toutela gloire et toute la honte d’un peuple pendue à deuxclous.

Des voyageurs étrangers qui parcouraient aussi l'arsenalde Lucerne s’écrièrent, en passant près de l’auteur de celivre : Que fait celte hallebarde à côté de cette pique? 11 neput s’empêcher de leur répondre : Elle fait l'histoirede la Suisse *.

* Les blâmes généraux de l’histoire admettent toujours des restrictionsindividuelles. Il faut circonscrire la sévérité pour rester dans le juste et dansle vrai. Sans contredit, et nonobstant tous les motifs d’économie politiquepris dans un excédant de population qui se fû.t plus honorablement écoulé enémigrations ou en colonies, sans contredit, ces ventes d’armées faites par unpeuple libre à tous les despotismes qui avaient besoin de soldats sont unechose immorable et honteuse. C’était, redisons-le, transformer des citoyens encondottieri, un homme libre en laoz-knecht, l’uniforme en livrée. 11 estmalheureusement vrai de dire qu’au dix-septième et même au dix-huitièmesiècle, l’habit militaire des suisses capitulés avait cet aspect. Il est triste égale-ment que le mot suisse , qui éveille dans l’esprit une idée d’indépendance, puissey éveiller aussi une idée de domesticité. Nous avons encore le suisse des hôtels,le suisse des cathédrales. U m'avait fait venir d'Amiens pour être suisse .Mais il serait inique d’étendre la réprobation que soulève un fait de uation,considéré dans son ensemble, à tous les individus, souvent honorables etpurs, qui ont participé à ce fait ou l’ont subi. Hâtons-nous de le proclamer,sous cette livrée il y a eu des héros. Les suisses , même capitulés, ont été