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III.
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CONCLUSION.

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Il va par vaux et par monts,! il court devant lui, il saitdepuis l’enfance supporter la faim, la soif et le froid, ilporte un gros bonnet de poil sur la tête, un jupon de lainesur le ventre, deux peaux de boucs sur les cuisses, sur ledos un manteau de peaux de rats cousues ensemble. Il nesaurait combattre à pied. Ses jambes, alourdies par degrandes bottes, ne peuvent marcher et le clouent à sa selle,de sorte qu’il ne fait qu’un avec son cheval, lequel estagile et vigoureux, mais petit et laid. 11 vit à cheval, iltraite à cheval, il achète et vend à cheval, il boit et mangeà cheval, il dort et rêve à cheval.

« Il ne laboure point la terre, il ne cultive pas les champs,il ne sait ce que c’est qu’une charrue. Il erre toujours,comme s’il cherchait une patrie et un foyer. Si vous luidemandez d’où il est, il ne saura que répondre. Il est iciaujourd’hui, mais hier il était là; il a été élevé là-bas, maisil est né plus loin.

« Quand la bataille commence, il pousse un hurlementterrible, arrive, frappe, disparaît et revient comme l’éclair.En un instant il emporte et pille le camp assailli. Il combatde près avec le sabre, et de loin avec une longue lancedont la pointe est artistement emmanchée. »

Ceci est l’homme du nord. Par qui a-t-il été esquissé, àquelle époque et d’après qui? Sans doute en 1814, parquelque rédacteur effrayé du Moniteur, d’après le cosaque,dans le temps où la France pliait? Non, ce tableau a été faitd’après le hun, en 375, par Ammien Marcellin et Jordanis*dans le temps où Rome tombait. Quinze cents ans se sontécoulés, la figure a reparu, le portrait ressemble encore.

Notons en passant que les huns de 375, comme les cosa-ques de 181ù, venaient des frontières de la Chine . L’hommedu midi change, se transforme et se développe, fleurit etfructifie, meurt et renaît comme la végétation; l’hommedu nord est éternel comme la neige.

Deuxième ressemblance. En Russie comme en Turquie rien n’est définitivement acquis à personne, rien n’est toutà fait possédé, rien n’est nécessairement héréditaire. Lerusse, comme le turc, peut, d’après la volonté ou le caprice

Voyez Jordanis, xxiv; Ammien Marcellin , xii.