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III.
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XV

L’obstacle moral, c’est l’inquiétude que la France éveilleen Europe .

La France en eftet, pour le monde entier, c’est la pensée,c’est l’intelligence, la publicité, le livre, la presse, la tri-bune, la parole; c’est la langue, la pire des choses, ditÉsope ; — la meilleure aussi.

Pour apprécier quelle est l’influence de la France dansl’atmosphère continentale et quelle lumière et quelle cha-leur elle y répand, il suffit de comparera l’Europe d’il y adeux cents ans, dont nous avons crayonné le tableau encommençant, l’Europe d’aujourd’hui.

S’il est vrai que le progrès des sociétés soit, et nous lecroyons fermement, de marcher par des transformationslentes, successives et pacifiques, du gouvernement d’unseul au gouvernement de plusieurs vet du gouvernementde plusieurs au gouvernement de tous; si cela est vrai, aupremier aspect il semble évident que l’Europe , loin d’avan-cer, comme les bons esprits le pensent, a rétrogradé.

En effet, sans même pour l’instant faire figurer dans cecalcul les monarchies secondaires de la confédération ger-manique, et en ne tenant compte que des états absolumentindépendants, oh se souvient qu’au dix-septième siècle iln’y avait en Europe que douze monarchies héréditaires; ily en a dix-sept maintenant.

Il y avait cinq monarchies électives ; il n’y en a plusqu’une, le saint-siège.

11 y avait huit républiques; il n’y en a plus qu’une, laSuisse .

La Suisse , il faut d’ailleurs l’ajouter, n’a pas seulement