CONCLUSION.
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à ce que la France , inquiète, comprimée à l’étroit dansdes frontières contre nature, obligée de chercher uneissue à la sève qui bouillonne en elle, devînt forcément, àdéfaut d’autre rôle, une Rome de la civilisation future, af-faiblie matériellement, mais moralement agrandie ; métro-pole de l’humanité, comme l’autre Rome l’est do la chré-tienté, regagnant en influence plus qu’elle n’aurait perduen territoire, retrouvant sous une autre forme la supré-matie qui lui appartient et qu’on ne lui enlèvera pas, rem-plaçant sa vieille prépondérance militaire par un formi-dable pouvoir spirituel qui ferait palpiter le monde, vibrerles fibres de chaque homme et trembler les planches dechaque trône; toujours inviolable par son épée, mais reinedésormais par son clergé littéraire, par sa langue univer-selle au dix-neuvième siècle comme le latin l’était au dou-zième, par ses journaux, par ses livres, par son initiativecentrale, par les sympathies secrètes ou publiques, maisprofondes, des nations, ayant ses grands écrivains pourpapes, et quel pape qu’un Pascal! ses grands sophistespour antechrists, et quel antechrist qu’un Voltaire ! tantôtéclairant, tantôt éblouissant, tantôt embrasant le conti-nent avec sa presse, comme le faisait Rome avec sa chaire,comprise parce qu’elle serait écoutée, obéie parce qu’elleserait crue, indestructible parce qu’elle aurait une racinedans le cœur de chacun, déposant les dynasties au nomde la liberté, excommuniant des rois de la grande commu-nion humaine, dictant des chartes-évangiles, promulguantdes brefs populaires, lançant des idées et fulminant desrévolutions !