Band 
III.
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CONCLUSION. 231

Donc, ce qu’il laut aux deux états envahisseurs, c’est ladésunion de l’Allemagne et de la France .

Cette désunion a été préparée et combinée habilementen 1815 par la politique russe-anglaise.

Cette politique a. créé un motif permanent d’animositéentre les deux nations centrales.

Ce motif d’animosité, c’est le don de la rive gauche duRhin à l’Allemagne . Or cette rive gauche appartient natu-rellement à la France .

Pour que la proie fût bien gardée, on l’a donnée au plusjeune et au plus fort des peuples allemands , à la Prusse.

Le congrès de Vienne a posé des frontières sur les na-tions comme des harnais de hasard et de fantaisie, sansmême les ajuster. Celui qu’on a mis alors à la France ac-cablée, épuisée et vaincue est une chemise de gêne et deforce; il est trop étroit pour elle. Il la gêne et la faitsaigner.

Grâce à la politique de Londres et de Saint-Pétersbourg ,depuis vingt-cinq ans nous sentons l’ardillon de l’Allemagne dans la plaie de la France .

De là, en effet, entre les deux peuples, faits pour s’en-tendre et pour s’aimer, une antipathie qui pourrait deve-nir une haine.

Pendant que les deux nations centrales se craignent,s’observent et se menacent, la Russie se développe silen-cieusement, l’Angleterre s’étend dans l’ombre.

Le péril croît de jour en jour. Une sape profonde estcreusée. Un grand incendie couve peut-être dans les té-nèbres. L’an dernier, grâce à l’Angleterre, le feu a failliprendre à l’Europe .

Or qui pourrait dire ce que deviendrait l’Europe danscet embrasement, pleine comme elle est d’esprits, de têteset de nations combustibles?

La civilisation périrait.

Elle ne peut périr. Il faut donc que les nations centraless’entendent.

Heureusement, ni la France ni l’Allemagne ne sontégoïstes. Ce sont deux peuples sincères, désintéressés etnobles, jadis nations de chevaliers, aujourd’hui nations depenseurs; jadis grands par l’épée, aujourd’hui grands par