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III.
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XVII

Quon ne se méprenne pas sur notre pensée; nous esti-mons que lEurope doit, à toute aventure, veiller aux révo-lutions et se fortifier contre les guerres, mais nous pensonsen même temps que, si aucun incident hors des prévisionsnaturelles ne vient troubler la marche majestueuse du dix-neuvième siècle, la civilisation, déjà sauvée de tant dorageset de tant décueils, ira s'éloignant de plus en plus chaquejour de cette Cliarybde quon appelle guerre et de cetteScylla quon appelle révolution.

Utopie, soit. Mais, quon ne loublie pas, quand ellesvont au même but que lhumanité, cest-à-dire vers lebon, le juste et le vrai, les utopies dun siècle sont lesfaits du siècle suivant. Il y a des hommes qui disent : Celasera; et il y a dautres hommes qui disent : Voici comment.La paix perpétuelle a été un rêve jusquau jour le rêvesest fait chemin de fer et a couvert la terre dun réseausolide, tenace et vivant. Watt est le complément de labbéde Saint-Pierre.

Autrefois, à toutes les paroles des philosophes, on sé-criait : Songes et chimères qui s'en iront en fumée. Nerions plus de la fumée; cest elle qui mène le monde.

Pour que la paix perpétuelle fût possible et devînt dethéorie réalité, il fallait deux choses : un véhicule pour leservice rapide des intérêts, et un véhicule pour léchangerapide des idées; en dautres termes, un mode de trans-port uniforme, unitaire et souverain, et une langue gé-nérale. Ces deux véhicules, qui tendent à effacer les fron-tières des empires et des intelligences, lunivers les a