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LE RIIIN.
et qu’on leur donne leur place. L’art est un pouvoir; lalittérature est une puissance. Or il faut respecter ce quiest pouvoir, et ménager ce qui est puissance.
Reprenons. Dans notre pensée donc, si l’avenir amène ceque nous attendons, les chances de guerre et de révolutioniront diminuant de jour en jour. A notre sens, elles nedisparaîtront jamais tout à fait. La paix universelle est unehyperbole dont le genre humain suit l’asymptote.
Suivre cette radieuse asymptote, voilà la loi de l’huma-nité. Au dix-neuvième siècle toutes les nations y marchentou y marcheront, même la Russie , môme l’Angleterre.
Quant à nous, à la condition que l’Europe centrale fûtconstituée comme nous l’avons indiqué plus haut, noussommes de ceux qui verraient sans jalousie et sans inquié-tude la Russie , que le Caucase arrête en ce moment, fairele tour de la mer Noire , et comme jadis les tures, cesautres hommes du nord, arriver à Constantinople par l’AsieMineure. Nous l’avons déjà dit, la Russie est mauvaise àl’Europe et bonne à l’Asie . Pour nous elle est obscure,pour l’Asie elle est lumineuse ; pour nous elle est barbare,pour l’Asie elle est chrétienne. Les peuples ne sont pas touséclairés au même degré et de la même façon ; il fait nuiten Asie , il fait jour en Europe . La Russie est une lampe.
Qu’elle se tourne donc vers l’Asie , qu’elle y répande cequ’elle a declarté, et, l’empire ottoman écroulé, grand faitprovidentiel qui sauvera la civilisation, qu’elle rentre enEurope par Constantinople . La France rétablie dans sagrandeur verra avec sympathie la croix grecque remplacerle croissant sur le vieux dôme byzantin de Sainte-Sophie .Après les turcs, les russes ; c’est un pas.
Nous croyons que le noble et pieux empereur qui con-duit, au moment où nous sommes, tant de millions d’habi-tants vers do si belles destinées, est digne de faire ce grandpas ; et quant à nous, nous le lui souhaitons sincèrement.Mais, qu’il y songe, le traitement cruel qu’a subi la Pologne peut être un obstacle à son peuple dans le présent et uneobjection à sa gloire devant la postérité. Le cri de la Grèce a soulevé l’Europe contre la Turquie . Ceci est pour l’em-pire. Le Palatinat a terni Turenne. Ceci est pour l’empe-reur.