XVIII
Qu’on nous permette en terminant de déplacer un peu,pour donner passage à une réflexion dernière, le point devue spécial d’où cet aperçu a été consciencieusementtracé. Si grandes et si nobles que soient les idées qui fontles nationalités et qui groupent les continents, on sentpourtant, quand on lésa parcourues, le besoin de s’éleverencore plus haut et d’aborder quelqu’une de ces lois géné-rales de l’humanité qui régissent aussi bien le monde moralque le monde matériel, et qui fécondent, en s’y superpo-sant çà et là, les idées nationales et continentales.
Rien dans ce que nous allons dire ne dément et n’in-firme, tout au contraire corrobore ce que nous venons dedire dans les pages qu’on a lues. Seulement nous embras-sons cela, et autre chose encore. C’est, avant de finir, undernier conseil qui s’adresse aux esprits spéculatifs et mé-taphysiques aussi bien qu’aux hommes pratiques. En mon-tant d’idée en idée, nous sommes arrivé au sommet denotre pensée; c’est, avant de redescendre, un dernier coupd’œil sur cet horizon élargi. Rien de plus.
Autrefois, du temps où vivaient les antiques sociétés, lemidi gouvernait le monde, et le nord le bouleversait ; demême, dans un ordre de faits différent, mais parallèle,l’aristocratie, riche, éclairée et heureuse, menait l’état, etla démocratie, pauvre, sombre et misérable, le troublait.Si diverses que soient en apparence, au premier coupd’œil, l’histoire extérieure et l’histoire intérieure des na-tions depuis trois mille ans, au fond de ces deux histoiresil n’y a qu’un seul fait, la lutte du malaise contre le bien-être. A de certains moments les peuples mal situés dé-