DE l’ARISTOCRATIE DE BERNE. 12.5
« rendons-nous ä Geneve pour y reclamer ce qui
* nous est du. » Ce parti fut embrasse avec enthou-siasme; on se lia par serment, on se choisit unebanniere et on prit un nom de ralliement, celui dela baiule folle et joyeuse; la troupe se vit bientötrenforcee, eile se presenta devant Lucerne, oü lesperes de la patrie etoient assembles en diete : onne refusa pas de lui ouvrir les portes; inais Sanssy arreter eile se porta sur Berne. Le senat y avoitmis garnison, et fit quelques dif'ficultes ä leur ac-corder le passage, parce qu’ils s’etoient permis deviolentes sorties contre plusieurs senateurs. Lesjeunes gens ressentirent la mefiance qu’on leurtcmoignoit :« Ne sommes-nous pas, dirent-ils,« les fils de ceux qui ont combattu a Laupen, a
* Morat : votre refus nous offense et fait sur de
* braves jeunes gens une impression profunde. » Onleur permit enfin l’entree de la ville , on les traitaavec une genereuse hospitalite; ils declarerent alorsqu’ils abandonnoient les meinbres coupables duSenat ä la justice de ce corps. A leur approclie lepays de Romontfut en alarnie; les Communicationsfurent interrompues ; on craignit une insurrectiongenerale. Pour la prevenir, les deputes de la Suisseet de l’Alsace s’assemblerent ä Fribourg j maisleveque, le eliapitre et la ville de Geneve furentobliges de donner caution , et la duchesse lolandeenvoya a UrL ses bijoux en liypotheque. Genevedonna deux florins par tete et plusieurs tonneauxde vin. Gette armee de jeunes gens se retira en bon