iy8 ORTGINE, ESPRIT ET DESTINEE5
semble, eiles n etoient pas fort ä regretter. Ce cantonpresentoit le spectacle de differents peuples distin-gues par leurs mceurs, leurs privileges, lenrs langages,ainsi que par les productions du sol. Dans les villes,l’industrie et le commerce fleurissoient; l’air et latenue des habitants, portolent partout l’empreintela plus franclie et la plus sensible du contenlementgeneral. Le paysan du pays alleinand , d’un tempe-rament fleginatique , et d’un caractere tranquille ,etoit tres attache aux anciens usages; ä peine pou-voit-on distinguer le inanoir et riiabillement dupaysan le plus riebe, de ceux du paysan le inoinsaise ; n’eprouvant aucun desir de sortir de son etat,il etoit satisfait de jouir de son bien-etre ü l’ombredes lois et d’un gouvernement doux et bon.
Le Vaudois , tenant du caractere de ses voisins,vif, passionne , reclierchoit avec avidite les distinc-tions; il jalousoit les rangs superieurs; son commerceetoitfaciie, aimableet instruclif; les jeunes etrangersse rendoient eri foule dansce payspour sy fonner iil’usage du monde, avant de s’exposer aux dangei'9du sejour des grandes villes. Ce n’est point d’apresles principes dune theorie generale que le Senatgouvernoit les sujets de ses differents pays:il n’am-bitionnoit pas de les soumettre ä un seui Systeme jc’est d’apres des inaxiines analogues au caracteredes liommes, ä leurs moeurs et aux localites qu'Üchereboit a les rendre heureux.
Le gouvernement jouissoit dans les relations ex-terieures d une consideration distinguee; il l a