DE ZÜRICH.
:i 9!)
roient pouvoir satisfaire leur rapacite; ils servoientd Instrument ä l’ambition des conquetes , et ä 1 op-prcssion des peuples. Ils avoient pris leur nom ducomte Jean d’Arniagnac, un de leurs chefs; maisLeaucoup de seigneurs se faisoientune gloire delesCommander, les regardant comme les vengeurs dela noblesse.
Le pape Eugene iv auroit voulu dissoudre leconcile de Bäle; pour obtenir du roi le secours decette armee, il lui promit de sanctionner les libertesde l’eglise gallicane, que ce meine concile avoit re-connues. Les ministres de l’empereur Frederic, lagrande noblesse de l’Alsace et de la Souabe, comp-toient employer cette armee pour opprimer les liabi-lants des villes et des campagnes; la cour de Francevouloit s’en servir pour l’execution des projets ambi-tieux quelle dissimuloit encore. L’armee etoit fortede cinquante millehommes,leroi n’en avoitaccordequedix mille ä l’empereur,un corps fut detachepours’emparer des villes de Metz, Toul et Verdun; unautre marcha vers l’Alsace , et le dauphin ä la tete detrente mille hommes, traversa le Sund^asse pour serendre en Suisse. En s’approchant des frontieres, ilpublia un manifeste oii il disoit: « Quele roi avoit« ete sollicite par l’empereur de lui accorder une ar-v mee pour soumettre les Suisses, ces ennenus de« toute autorite etablie par Dieu, et qui s etoient«revoltes contre l'Autriclie et la noblesse; que le roi» y avoit consenti lui-meme, se voyant ravir injuste-* ment la rive du Rhin, cette barriere naturelle de