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il propose aux cantons d’etre amis d’amis, et ennemisd’ennemis.
Alors arriva en Suisse la nouvelle qu’Etienne deHaggenbach, frere de celui qui avoit ete decapite ,etoit entre dans le Sundgau avec six mille cavalierset huit mille fantassins ; que pour assouvir sa ven-geance il mettoit tout ä feu et ä sang; que la ragede ses soldats se faisoit un jeu cruel decraser defoibles nourrissons en les jetant l’un contre l’autre,et de suspendre aux arbres des enfants de quatre äsix ans. Ces scenes d’horreur indignerent les Suisses;leur diete etoit assemblee ä Lucerne ; les ambassa-deurs du roi de France y declarerent que c’etoitavec beaucoup de regret que leur matt re voyoit lapaix troublee par l’ambitieux duc de Bourgogne ,mais que l’interet des deux nations demändoit des’opposer avec toutes leurs forces ä l’ennemi com-mun j que le roi leur offroit son armee, ses tresorset ses bons conseils, et qu’il n’exigeroit quun corpsauxiliaire, si la Suisse n’etoit pas en guerre. Cesbelles promesses , jointes ä de beaux presents,eblouirerit les deputes, ils chargerent le Senat deBerne de negocier avec les ambassadeurs du roi,se confiant aux talents de l’avoyer N. de Diesbach;mais a Berne , dans le Deux-cents , deux opinionsopposees furent soutenues avec chaleur : «Com-« ment, dirent les uns , nous avons jusqu’iei , grace« ä notre vie simple et frugale , brave la seduction« de l’or, ah ! voudrions-nous ä present nous avilir«en vendant notre iiulependance j ce seroit nous