AVEC LA LIGTJK DE S0TJABE. 4^3
noient. La voix de l’humanite se fait entendre auxcocurs les plus farouches, ce n'est que l’entraine-jnent du crime, qui parvient ä 1 etouffer entiere-ment. (i)
Les defaites avoient decourage la Ligue, l’em-pereur somma les etats de l’empire, de fournir unsecours puissant et prompt; il leur representa, « que« les cantons forestiers en se soulevant contre leur« legitime souverain , le cointe d’Habsbourg, avoient« entraine leurs voisins dans cette union criminelle,« qu’il n’y avoit plus de surete pour les princes , s’ils
(i) Combien Tarne sensible , affectee des tableaux affli-geants que presente l’histoire, se senl-elle soulagee, lors-qu’elle rencontre des traits de grandeur d’ame qui hono-rem la nature liumaine ! Telle est l’action de deux bravesguerriers suisses , A. Winkelried, d’Under-vvakl, et Zur-kinden, de Zürich ; ils etoient ennemis mortels , mais ser-vant dans la meine armee : on leur ordonna de ne pointse livrer h leur animosite pendant la guerre : ils le pro-mirent. II arriva que Winkelried, dans un engagementavec les ennemis, se vit enveloppe par eux ; ZurkindenTayant appris , vole a son secours, le degage et le sauve.Winkelried, touche de ce genereux procede, se rend aucamp des Zuricois ; les officicrs , croyant qu’il venoitchcr-cher son ennemi, lui rappelleut sa promesse : « Non, leur« repondit-il, c’est mon bienfaiteur, c’est Tliomme ä qui» je dois la vie que je viens cliercher , pour lui offrir mon» amitie, et le prier d’accepter le cheval que j’amene. » Lanoble rcconciliation de ces deux guerriers fut suivie parTamitie la plus tcndre et la plus constante.