306 AMÉLIORATIONS RURALES APPI.ICARLES
et des aspérités coupent ce bassin, comme pour offrird’heureux sites aux vignobles et aux bois d’oliviers.
La fertilité de ces terres n’a rien de remarquable;c’est à la nature de leurs productions que le pays doitsa richesse; car telle est la merveille de ces terres dumidi qu’on n’y trouve pas une ronce qui ne soit odo-rante, pas un arbrisseau dont la feuille ne soit pré-cieuse, pas un arbre qui ne soit fructifère. L’oranger,l’olivier, la vigne, l’amandier, le pécher, le mûrier, lagarance, le câprier, le pastel, le safran, donnent desproduits qui sont des marchandises et non pas desdenrées. Leur plus-value donne à leur culture unevaleur que ne peuvent jamais avoir la production descéréales, ni celle des herbages. C’est ce fait qu’il fautavoir sans cesse présent à l’esprit, lorsqu’on parcourtcetterégion,qu’unefemmedehaute renommée appelaitune gueuse parfumée, car elle n’y voyait ni la ver-dure ni les grands végétaux du nord ; tout lui en pa-raissait rabougri et décharné.
La culture repose ainsi, dans cette région, sur deséléments très différents de ceux dont nous avons faitdépendre ailleurs sa prospérité. Celle du midi, en pro-duisant des marchandises, ainsi que nous l’avons dit,crée aussi autour d’elle un grand mouvement, mercan-tile, d’où il a résulté à la fois que le pays s’est couvertd’un beaucoup plus grand nombre de villes, et qu’il s’yest amassé beaucoup plus de petits capitaux, toujoursprêts à alimenter une agriculture dont ils retirent desprofits directs, par le trafic qu’ils font avec ces pro-duits.
Les habitations rurales de cette région sont aussibeaucoup mieux et plus solidement construites que