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Après avoir déjeûné à Gersaiv avec de l’ex-cellent poisson et de mauvais vin, parcourufout ce.qui pouvoit mériter nos regards , nousremontâmes dans notre navire, en invoquantCastor et Poliux , et voguâmes vers Lucerne ,«où nous arrivâmes quand l’étoile du soir se le-voit taciturne et brillante.
Lucerne est bâtie sur les deux rives de laReusse, à l’endroit même où cette rivière s’é-chappe du lac. Les deux parties de la ville sontunies par quatre ponts de bois ; l’un sert auxvoitures, et les trois autres sont destinés à l’in-fanterie : un de ces ponts a six cent pieds delongueur, et l’autre trois à quatre cents. Ils ser-vent de promenoirs publics, et offrent de char-inans points de vue. Ils sont couverts d’un toitsupporté de dix pas en dix pas par despilliers ,entre lesquels il y a des panneaux peints quireprésentent des sujets de l’histoire du pays,de l’écriture sainte ou de la fable. On y voitdes dragons ailés, des griffons, des diables etdes centaures.
Le chemin qui conduit à Lucerne est envi-ronné de petits bois, de prairies, de champsbien cultivés ; mais la ville est assez mal bâtie,les rues sont étroites,et les maisons construitessans goût, hors quelques-unes. Le nombre de*
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