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Tome troisieme.
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( * 7 ° )

canton de Berne . Cette journée de onze lieues ,sollicitoit notre activité ; mais le cheval deMylord, vrai rossinante, s’abattit deux f'ojs, etretarda la marche par la gravité de ses pas.A l’arrivée de la nuit, nous étions encore bienéloignes de Thoun ; nous marchâmes sansparler; l’obscurité , le silence de ces déserts,répandoient autour de nous l’inquiétude et lacrainte. Pour rassurer Blanche, j’engageainotre guide à chanter quelques romances dupays ; il entonna une chanson , d’une voixforte et sonore qui , répétée par les échos desdéfilés , paraissait former un concert de centvoix. Nous arrivâmes au bord d’une rivièrequi rouloit ses flots à grand bruit ; notre guidenous dit qu’il falloit la passer si nous ne vou-lions pas coucher sur sa rive. — Eh bien , machère amie ! dis-je à Blanche, la traverserons-nous ? ou coucherons-nous ici ? —Non , mar-chons ; Mylord dit que j’ai le courage d’uneanglaise ; je veux soutenir ma réputation.Soudain elle fait entrer son cheval dans l’eau ,je la plaçai entre Mylord et moi ; nous voilàtous au milieu d’un torrent inconnu, enveloppéde ténèbres, n’entendant que le bruit effrayantdes flots heurtant les rochers, roulant lescailloux. Nos chevaux avaient de l’eau jusqu’au.