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D’abord, après dîné, nous descendîmes àLungenau pour voir la foire ; le village étoitrempli de paysans ; nous y entrâmes à pied.Blanche marchoit à notre tête, en habit d’a-mazone , une petite canne à la main ; tout lémonde avoit les yeux sur elle. Tant de re-gards l’embarrassoient j mais ce qui nous,étonna , c’est que nous entendîmes au milieude ces bonnes gens , cette phrase latine : Etvera inces.su patuit T)ea. . . . Nous n’avonSpu savoir quel étoit lé suisse ou l’étranger quiconnaissoit si bien son Virgile .
Ces paysans avoient une longue barbe ,étoient coiffés de chapeaux de paille, pareils àceux des femmes , mais d’une ampleur qui leurdonne une figure très-grotesque. Leurs vête-mens est un pourpoint sans manches , d'ungros drap brun , et des chausses bouffantes découtil d’une largeur énorme. Les cheveux desfemmes sont tressés avec un ruban qui pendjusqu’au dessous de "la ceinture , et leur cha-peau est de paille sans aucun ornement. Ellesont un corset de drap rouge ou brun , sansmanches ; une jupe noire ou bleue , bordéede rouge , qui descend à peine jusqu’au ge-nou ; des bas rouges à coins noirs , et dessouliers plats : leur chemisé est fixée autour du