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de terre les pois, les bettes et les navels, ysont cultivés avec succès :nous cueillîmes même,à l’ombre des glaces, des fraises et des cerisessauvages. Les cerisiers qui les portent sontcommuns dans cette vallée, ainsi que les me-risiers, qui produisent le meilleur kirscherwas-ser de la Suisse . Les merises sont des cerisesnon greffées, qui seules composent cette li-queur si digestive et si nécessaire dans un paysoù l’on se nourrit de lait. On la fait en concas-sant le fruit et les noyaux dans un mortier depierre, avec des pilons de bois ; on laisse fer-menter le tout, et on prépare ensuite l’espritpar la distillation. On en fait aussi avec desprunes ; mais il ne vaut pas celui des merises.
Nous étions à trois lieues de Grindclwald;la descente étoit rapide ; il falloit traverser unvaste lit de neige. Nous osâmes nous risquer.Nos chutes réitérées, notre gaucherie , provo-quoient le rire de toute la troupe, sur-tout desjeunes filles : plusieurs d’elles, pour nous railler,nous offrirent la main. Blanche , plus soupleet plus légère, s’en tira mieux que inylord etmoi; elle ne tomba qu’une seule fois : de jeunespaysans lui avoient offert le bras, mais sortamour-propre refusa leur appui. Quand nousfûmes parvenus au bas de la neige, nous vîmes