Band 
Tome troisieme.
Seite
248
JPEG-Download
 

( a48 )

bas, selon mon usage, celle de l’aimable fan te jquelle nouvelle! Mon cœur se trouble, se serre,mais le calme reste sur mon visage. « Commentse porte matante , me demande Blanche? —Fort bien5 toujours gaie, toujours aimable».J’ouvre ensuite ta lettre, et la parcours rapi-dement. Ah ! comme je plaignois mon frère ?La lecture finie , je dis à Blanche , avec tran-quillité : «Adieu, la maison 5 nous n’y logeronsplus. — Pourquoi? y a-t-il des revenans ? je neles crains pas. — Non, ma chère amie; maisc’est un palais ; il ne nous faut qu’une chau-mière. — Passe pour la chaumière, je les aime ;mais parlez-moi plus clairement. —Mon frèrea essuyé des malheurs ; il est ruiné. — O ciel !que dites-vous ? Eh bien ! il faudra venir à sonsecours. —Mais nous-mêmes, l’adversité nouspoursuit ; il nous entraîne dans sa chute : mesfonds, mes espérances, tout s’est évanoui.—Le ciel le veut ; soumettons-nous : nous vivrons,comme tant d’autres, de légumes et de pain ».Je lui remis alors ta lettre. Après l’avoir lueavec beaucoup de sang-froid, elle me dit : «Ilfaut tout donner aux créanciers, et puis nousphilosopherons dans une chaumière. Je plainsma belle-sœur ; il lui en coûtera beaucoup dedescendre du faîte de l’opulence : la fortune lui