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Les ministres du temps présentèrent au Roi,comme chef-d’œuvre de leur administration, lerésultat général des défrichemens du royaume,qu’ils évaluèrent, pour le nombre des arpens ( leLanguedoc excepté) , à 359,282 arpens ,• et pourles bénéfices annuels , à 60 millions.
Les gazettes, les économistes, l’Ami des hommeset surtout M. de Turbilly, n’étoient occupés qu’àrévéler tous les trésors qu’on trouvoit dans lesdéfrichemens • l’exaltation étoit au comble.
Le Parlement de Toulouse, qui avoit eu lasagesse et le courage de résister à l’enregistrementdes édits de 1764 et 1766, sur les défrichemens,frappé sans doute de la détermination de celui deGrenoble, qui venoit d’enregistrer et de permettreles défrichemens, se laissa entraîner lui-méme; etc’est de cette époque, en 1770, que datent lesmalheurs de l’agriculture , et la plupart desfléaux et des intempéries qui affligent aujourd’huicette belle province.
L’année 1772 fera long-temps époque dans nosannales d’agriculture, par un vaste établissementconsacré aux défrichemens, et duquel la politiqueet la philosophie peuvent se prévaloir, pour nefaire et ne conseiller que ce qui est, selon les loisde la nature et de la justice.
L’Angleterre travailloit alors à dominer seulesur les vastes contrées de l’Amérique septentrion