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supprime, en 1811, tous les bâtimens d’une ferme;il a fait arracher toutes les haies, afin de se for-mer, ce qu’on appelle en Champagne, un seul gazon;il a acheté quelques centaines de milliers d’acaciaqu’il a plantés à grands frais, et la maison du fer-mier est devenue celle d’un garde-forestier.
Le premier printemps a donné peu de signes devie; on en a accusé l’hiver; le second printemps asignalé peu de verdure encore, on s’en est pris àdes intempéries ; le troisième enfin a donné de l’in-quiétude et meme du dépit, car les voisins sontrailleurs. Cette immense plantation d’acacias enfias’est tout-à-fait avortée ; je me trompe, les aca-cias qui ont été plantés, où e'toient auparavamt leshaies, en ont reproduit vigoureusement les traces,comme pour avertir le propriétaire de remettre leschoses dans leur premier état.
Ces essais abusifs ont été beaucoup plus com-muns qu’on ne le croit, et je pourrois affirmerqu’il y a peu de départemens qui n’en offrent desexemples; ce qui est le plus affligeant dans cet apos-tolat pour l’acacia, c’est d’avoir vu nos ministresde l’intérieur favoriser le débit de ces leçons agro-nomiques et concourir ainsi à tant de dépensesfrustratoires.
L’acacia au surplus n’a pas encore perdu toutesses faveurs, car sur les boulevards, le plus bel or-nement de la capitale, on commence à le substi-
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