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Dans tout le midi, nous l’avons vu, les usinesn’ont et ne peuvent avoir d’activité, qu’une foiblepartie de l’année. Là, par la rareté ou la cherté dubois; ici, par celle des eaux ; c’est déjà une grande Ndéfaveur qui profite aux usines de l’étranger, oùl’activité est continue, car il n’en faut pas moinspayer les hommes, et fournir à l’entretien deschoses du service actif.
11 en est ainsi dans le Nord de la France, et jen’en citerai qu’un exemple ; la célèbre manufac-ture de St.-Gobain, située dans le département del’Oise, étoit parvenue, d’essais en essais, depuis1692, à un très haut degré de prospérité; elle ren-fermoit cinq halles, elle occupoit dix-huit centsouvriers, et elle avoit tous les avantages dans labalance du commerce.
Son activité diminua tout-à-coup dans les pre-miers orages de la révolution ; les cinq halles , en1791, furent réduites à deux, et en l’an 8, il n’yen avoit plus qu’une.
Le mauvais état des forets, fait craindre,ditM.le Préfet, de n’y pouvoir plus entretenir trois foursà la fois; et, si le prix des combustibles vient à aug-menter, ou si Paris éprouve des besoins, cet éta-blissement tombera infailliblement en ruine.
C’est, il est vrai, une usine consacrée au luxe ,mais ce luxe produit trois millions ; c’est un genred’industrie que la France seule possède, au moins