DE LA NATURE VÉGÉTALE. 35 I
arbres, arbustes et abrisseaux habituésà vivre en société, à varier, à nuancer,par leur port, leur feuillage, leurs fleurset leurs fruits, les couleurs, les ombreset les reflets, destinés à retracer les bien-faits et les charmes du somptueux ta-bleau que la nature avoit dans les pre-miers temps déployé sur la terre.
A cette haute ordonnance de notre ar-chitecture végétale, les nuages seroientrépartis, maintenus aux régions qu’ilsdoivent occuper, et les pluies disséminéesavec plus d’unilbrmité; les ouragans mo-difiés et graduellement affoiblis; les ventspar-tout ramenés à un cours régulier. Lesoleil, flatté d’avoir à éclairer un autreEden, inclineroit obliquement ses douxrayons sur la terre, pour ne plus la dessé-cher et la brûler. Les hôtes des bois, au-jourd’hui effarouchés, errants et en petitnombre, reviendront alors habiter leurspremiers berceaux régénérés, pour se
Effets heu-reux quiresulte-roient duboisementdes monta-gnes.