DE LA NATURE VÉGÉTALE. 4 2 9
obligées d’en tirer pour quinze millionsdes pays étrangers; ce tribut honteuxque notre indifférence payoit à leur in-dustrie, s’élèveroit en peu d’années, parl’usage qui se généralise des étoiles decette riche matière, à un taux accablantpour l’état, si nous ne nous empressionsde multiplier par-tout et à l’infini, unarbre qui prospéreroit dans tous les can-tons du royaume.
Lorsqu’on considère que le plus riche,le principal commerce de la Chine, duJapon et de la Perse, consiste en soies,que les Européens navigateurs vont cher-cher à travers les dangers, les humilia-tions et les naufrages et payent avec deslingots d’or et d’argent ce que les entants,les femmes et les vieillards peuvent, dansleurs loisirs faire seuls produire, on estmalgré soi étonné de ne pas voir encorechacun de nos ménages champêtres, pos-séder une demi-douzaine de mûriers,