MEMOIRES DE FELIX PLATTER
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toit à manger, le trouva mort; fa frayeur futextrême, elle n’oublia jamais ce trille fpeélaclequi fut une des caufes de fa maladie. Nous nousdifpolions à rentrer en ville, à 4 heures, pouraller au prêche, quand mon père nous mandade relier à Gundeldingen ; nous ne revînmesdonc au logis qu’à l’heure du fouper. Les voi-fms nous apprirent la mort de Nicolas ; on l’a-voit déjà enterré à Sainte-Elifabeth. Mon pèreétoit très-trille. Le lendemain il m’envoya àRoetelen avec deux de fes conviSlores , AlbertGæbwiler, fils du D r Pierre Gæbwiler, greffierde Rœtelen, & Pierre Horanf, fils de la fœur dela femme du fufdit Gæbwiler.
Mon père lui-même alla demeurer à Gundel-dingen avec fes autres commenfaux. Ma fœurUrfule n’en continua pas moins à venir en ville& à y tenir en ordre notre ménage. Le jour dePentecôte elle fe trouva mal à l’églife ; elle putencore retourner à Gundeldingen & fe mit auffi-tôt au lit. Elle avoit un bubon à la jambe, fesforces l’abandonnèrent promptement. Saignées,remèdes, tout fut inutile ; fon heure étoit ve-nue. Pendant les quatre jours que dura la ma-ladie, elle tint des difcours chrétiens, car c’étoitune fille pieufe, élevée dans la crainte de Dieu.Le vendredi, elle prit congé de nos parens, lesembraffia, les chargea de me faire fes amitiés(j’étois à Rœtelen) : « Que Dieu vous protège,mon bon père, ma bonne mère, & dites adieupour moi à mon petit frère chéri!» Puis elle