MEMOIRES DE FEUX FLATTER • 6j
Le lendemain, Humel vint me prendre pourme conduire ici &là. Nous traverfâmes d’abordla Place de la Cathédrale où M. Louis de Ri-fchach m’aperçut; me voyant coiffé d’un barretde velours & ceint d’une épée, il fe demandoitqui j’étois, quand je me donnai à connoître.Après quoi j’allai faluer le D r Sulzer, pafleur dela Cathédrale, puis le D r Jean Huber, qui mefit un amical accueil & fes offres de fervice.Je le priai d’accepter un Clément Marot avecune jolie reliure de Paris. Enfuite nous descen-dîmes vers l’abattoir par la ruelle Saint-Martin.Devant l’étal étoit ma future ; je n’y pris garde,mais elle me vit : elle .entra d’abord dans la bou-cherie, puis fe Sauva au logis & elle ne retournaplus acheter la viande parce que les bouchers laplaiSantoient. Après dîner,mon père me conduifità Sa terre de Gundeldingen. Nous cauSâmes enchemin: il me confeilla de ne pas parler vite,Selon l’habitude welche; il m’entretint aufîi deSes affaires, du doélorat, de mon mariage. Jem’amufai à mettre en état un luth en bois decyprès & une grande harpe que mon père poffé-doit d’ancienne date ; j’arrangeai mes livres, mesfcripta ; ainfi s’écoula la première Semaine.
De Son côté, mon père penSoit à me procurerune entrevue avec ma future. En conséquence,il invita maître Franz & Sa fille à venir paffer àGundeldingen l’après-midi du dimanche Suivant.C’étoit le 16 de mai, un vrai, un joyeux jourde printemps. Après dîner, je partis avec Thie-