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V O Y A G E
Je pose en fait incontestable , d’après lesexemples multipliés que les siécles nous sou»nissent, que , si la Suisse pastoit fous une do-mination étrangère , avant un demi-siecle fapopulation actuelle, qui est de deux millions,redeícendroit à deux cents mille habitans, pauvres& dispersés , & ce ne se roi t pas un superbefleuron qu’un Monarque eût à ajouter à sa Cou-ronne. Mais encore faudroit-il pouvoir rajouterce fleuron ! Et où est le Potentat, si formidablefoie — il, qui pût former le projet raisonnablede subjuguer les Suisses ! Je dis plus : la ligueues Puissances les plus formidables pourroit-ellePeíFectuer ! II est hors de doute que la généralitéde la confédération aura feus íes drapeaux unearmée de deux cents mille hommes : or, deuxcents mille Suisses, chez eux, dans leurs mon-tagnes , combattant pour leurs foyers, pourleurs possessions, pour leur liberté, où font lesforces capables de les réduire ! Les Suisses n'o ut-ils pas opposé , victorieusement, sept centshommes à treize mille, dans les champs deClaris! N’en ont-ils pas opposé douze cents à„ trente mille, auprès de Baie 1 Les siécles ne nousont-ils pas transmis deux pyramides forméesdes oflèmens de trente mille Bourguignons bâchésfur le champ de bataille, dans les plaines deMprat, par un Corps bien moins nombreux S