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Tome premier.
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ijì Voyage

Ce rescrit fut lu dans l’Assemblée généraledes Communautés du Val-de-Travers, mais ilne put conjurer forage ; & Rousseau fut obligéde fuir brusquement de Motiers-Travers.

Où fe réfugia-t-il ? Au milieu du lac de sienne,dans la petite iste de Saint-Pierre. Là, fous ladomination Bernoise, tranquille , & ignoré , ilcroyoit vivre en paix dans la retraite & la soli-tude : mais les menées de ses ennemis l’y sui-virent , bientôt le Conseil de Berne lui fitlignifier de quitter les terres de l’Etat, d’où ilfe rendit en Angleterre.

C’est une réflexion bien humiliante, & enmême-temps bien affligeante pour l'humanité,que ceux qui font faits pour l’honorer, de quela Nature , d’une main avare , jette de loin enloin fur la surface du globe, íoient 1 objet dela persécution la plus acharnée ; terrible incon-séquence de l’efprit humain ! Mais ces cruellesillusions cessent enfin , & le triomphe de la vertuest assuré. Aristide, banni par l'Ostracisme, estbientôt rappelle par ses Concitoyens ; & Rous-seau , proscrit, décrété par Genève , a aujour-d’hui , dans Genève même, un monument décernéaux acclamations universelles !

Et seroit-il nécessaire d’aller jusqu’en Grece,& chez les Peuples voisins, pour en avoir de?exemples ? Citons toutefois celui d’Aristide : lç$François m’en sauront quelque gré.