Voyage
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profita, contre Aristide , de ses vertus mêmes,&■ de la gloire de ce grand personnage ; il lefit bannir par l’Ostracisme. Dans l’Assemblée duPeuple, où fut prononcé son exil, un hommede la derniere classe, & qui ne savoit pas écrire,s’adressa à lui-même, pour le prier d’écrire sonsuffrage contre Aristide. Quel mal vous a-t-il fait,dit Aristide? Aucun, reprit le paysan; mais jesouffre impatiemment qu’il porte , par - dessusles autres, le titre de Julie. Quod Jistus prm cœterisnominaretur, dit l’Historien de fa vie. Corn. Nep.
Aristide , fans répliquer un seul mot, écrivitle suffrage de cet homme & partit, en priantles Dieux de ne pas permettre que fa Patrie fûtforcée de le regretter. Et les regrets suivirent deprès l’aveuglement de ses Citoyens, ainsi que laconduite injuste qu’ils venoient de tenir à ionégard !
On sentit bientôt la perte qu’on avoit faite ;on ne put se pastèr de lui ; lui seul pouvoitdonner à l’ensemble du corps politique le mou-vement &r la vie ; lui seul pouvoit être le terme&■ le centre de la confiance universelle : elle nepouvoit se reposer que sur lui. On ne nommoitque lui ; il étoit &: dans toutes les bouches, &:dans tous les cœurs. On voyoit ce qu’on n’avoitpas vu jusques-là, qu’il étoit la Divinité tuté-laire de son pays. On ne voyoit qu’avec dédain ,
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