Voyage
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nous avions dans les nôtres, la fraîcheur & lapureté de l’air, avant-coureur d’un beau jour,fermoient les yeux fur ces dangers, mainte-noient la gaieté dans les esprits.
A une lieue de Bruck, le soleil commença àdorer les campagnes de fes rayons, &s nous fitvoir fur une hauteur, près de l’Aar, quelquespans de murs , les uns entiers, les autres rongés,par le temps, ou ruinés par les guerres, restesmisérables du château de Hapsbourg. Ce qu'il ensubsiste donne une mince idée de ce qu’il futlorsque la maison d’Autriche assise aujourd’huisur tant de trônes en Europe, en partit pours'élever au faîte de la pu i fiance ôc de la gran-deur.
Nous fûmes bientôt à Bruck, oiì l’Aar res-serrée entre des rives coupées à pic, précipiteson cours &c s'élance en mugissant fous l’archeunique qui l’embrasse & qui forme le pont furlequel on traverse ce fleuve. Bruck est une très-jolie ville; fes armes font le pont même qu'ellea fur l’Aar, figuré comme il existe. Sa populationest de quinze cents habitans.
Ici je quittai mog canot, & en moins d’uneheure, j’eus vu trois rivières des plus considé-rables : l’Aar que je quittois, la Reufs que jetraversai, & le Limât dont je cotoyai les bords,& qui, par un effet singulier du hasard, viennent