*48 Voyage
Échappés au danger le plus éminent, nouslongeâmes le lac par des sentiers très-difiRciles,&r nous gagnâmes à pied la ville de Vallenstadt,située à l'autre bord du lac, où nous arrivâmesharassés, une heure en nuit. Un mauvais gîtenous y attendoit : un souper auquel on ne puttoucher, un grabat où il ne fut point possiblede clore l’œil, terminerent cette heureuse journée.
C’est à cause des tourmentes qu’on éprouvefréquemment fur le lac de Vallenstadt, qu’il estrigoureusement défendu aux nautonniers, de s’yservir plus de trois ans du même bateau. Lesvents font terribles lorsqu’ils s’abattent fur celac, d’où ils n'ont point d’issue. Les voyageursqui ne veulent point tenter siaventure & s'ex-poser, se voient souvent obligés de demeurerdeux &■ trois jours consécutifs à Wesen ou àVallenstadt, pour y attendre le moment de s’em-barquer fans risque.
Hors les mauvais temps , il régné périodi-quement , fur le lac de Vallenstadt, certainsvents, dont les bateliers ne manquent pas deprofiter. Le matin, avant & après le lever dusoleil, il y fouille un vent d’est qui dure jusquesvers les dix heures. Entre dix heures & midi,le vent cesse, Après-midi, commence un vençd'ouest qui régné jusqu'a u soir; & après le soleilçouché, le vçpt d’orient reçommençe ordinal