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Tome premier.
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r?0 V o y a g e

des mers de cailloux charriés par le Lan quart &rpar tous les torrens qui coupent le pays, &descendent des montagnes que l’on a fur lagauche : torrens qui fe répetent à chaque pas,fur lesquels il n’y a ni ponts, ni bacs, & qu’ilest dangereux de traveríèr, tant à cause de leurrapidité qu’à cauíe de l’inégalité &■ de la mobilitéde leur fond. Ce sentier, dont on perd souventla trace sur les cailloux, disparaît austì quelque-fois fur la pelouse : fréquemment il íe bifurque,toujours il est rude &: désagréable , & entredeux endroits distans de quatre lieues, & situésdans une vallée , on est obligé de prendre unguide. Pleut-il quelques heures de fuite, il nefaut plus songer à marcher , toutes les commu-nications font interceptées ! les torrens enflés fefont transformés en fleuves furieux qui déchirentle .sein de la terre , roulent avec fracas de groflespierres qui s’entre - choquent, entraînent dessapins qui, par fois, arrêtant leurs eaux, nefont qu’augmenter leur violence, lis changentsouvent de lit, Lc il n’y a point de remede à cefléau.

Coire est regardée comme la capitale des Cri-ions : c’en est , à vrai-dire, la seule ville. Nousavons observé que Meyenfeld n’est qu’un village,& llantz est abandonné. Coire est placée au piedds montagnes très-hautes, & à une demi-lieue