Voyage
serré, 6c il présente certainement bien plusl'aspeâ d’une ville que celui d’un village. A lavérité , d u Locle à la Chaux-de-Fond, on ren-contre des maisons &: habitations de momenten moment, & souvent assez voisines : maiselles ne font partie ni du village du Locle, nide celui de la Chaux-de-Fond.
Indépendamment de la stérilité du fol, qui,du côté de la Chaux-de-Fond seulement, donnequelques poignées d'orge ôc d’avoine, qui mêmen’y viennent point à maturité ; les hivers y fonttrès-longs, &: y durent neuf mois de l’année.A un quart de lieue du Locle , il se trouve unruisseau ; Sc , comme íì la Nature lui envioitson bienfait, la terre engloutit ses eaux; maisobservons comme la main industrieuse de laliberté a trouvé moyen, au moment même oùelles s'engloutissent dans le sein de la terre, deles appliquer encore aux besoins de la íociété.Deux paysans ont hardiment pratiqué , dansl’abíme, les uns au-dessous des autres, & dontle dernier est à près de trois cents pieds de pro-fondeur , plusieurs rouages, employés tant à lamouture des grains qu’au sciage du bois. Levoyageur ne descend point, sans frémir, dansces usines, assises íur des précipices ; leur bruitmême, leurs mouvemens, Sc la nuit qui y régnéajoutent au saisissement q.u’on y éprouve au pre-mier abord.