Voyage
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; Cette ville est la patrie de M. Haller, éga-lement célébré dans la poésie , dans la médecine,dans la politique & la littérature. Ses vers fontpleins de cet enthousiasme lyrique qui, selonle témoignage d’Horace, constitue seul le poète.On voit à Berne de beaux cabinets d’histoirenaturelle , chez MM. Vittenbach , Schmidt,Bertrand & Gruner, indépendamment de celuide M. Sprungli, à Statlen près de la ville.
La population de Berne n’est que de onzemille habitans, ce qui est très-peu , eu égardL la grandeur de la ville , à l’opulence de laNoblesse qui l’habite, à détendue des domainesdont elle est capitale, au Gouvernement juste&■ modéré fous lequel les habitans y vivent.Mais la ligne de séparation fortement marquéeentre ceux qui tiennent les rênes du Gouver-nement & le reste des Citoyens ; l’intervalleimmense qui sépare les Souverains de ceux quine font que Peuple, jete de la tristesse fur laville , &: empêche d’en rechercher le séjour. LesEtrangers même n’y séjournent pas, ou n’yséjournent que très-peu : ils viennent la voir,Lc ils s'en retournent.
D’ailleurs le commerce y est négligé, les fa-briques y sont presque nulles, &: on ne s'y livrepoint aux spéculations de négoce qui, dans tout leCanton, est regardé comme dérogeant. La péri-