Voyage
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pointe à l’autre avec tant d’adresse tk d’agilité,pour aller au sud-est, il fallut d’abord queje me dirigeasse au nord.
Arrivé près du lac de Zurich, je cessai deme porter au nordje longeai le lac à quelquedistance de ses bords en tirant à l’est ; brisantensuite ma course vers le sud , je m’enfonçaidans les hautes Alpes, où je pénétrai entre deuxénormes montagnes qui, ayant leurs racines auniveau du lac de Zurich, portent leur cime àla région des neiges & des glaces dont ellesm’offrirent le spectacle en plein ét^. Leurs flancsescarpés & de roc vif, leurs sommets terminés enaiguilles qui s elevoient bien au-dessus des nues,ajoutoient à lerqotion que me causoit ce majes-tueux spectacle !
Je cotoie le Limât, je remonte la Linth quile ferme avec la riviere qui vient du lac deVallenstadt, & j’arrive sur les champs deNassels,qu’ont éternisés I héroïsme &: l’intrépidité desSuisses qui y firent des prodiges de valeur :ils y déployèrent une énergie, une constancequi perceront la nuit des temps, & dont il nese trouve d’exemple dans aucun temps &: cheìaucune autre Nation que celle des Suisses !
En 1388 , le 9 avril, deux cents habitans duCanton s’opposent à l’invasion de treize milleAutrichiens. Forcés par le nombre, ils íe retirent